Unvisversité digitale académie Bernay normandie

L’université à portée de clic

Manque d’informations, universités éloignées des lieux de résidence, coûts financiers importants… Mille raisons font que nombre de jeunes décrochent, renoncent à leurs études et n’ont aucune idée sur leur avenir.
C’est pour eux qu’a été créée la Digitale académie, un réseau de minicampus en ligne, leur permettant de suivre des études par internet, de bénéficier de conseils d’orientation et de passer des examens menant à un emploi.
La première digitale académie est née il y a quatre ans à peine, en 2017, à Montereau en Seine et Marne. Deux ans plus tard on en comptait neuf, et treize cette année. Les prochaines ouvrent en septembre à Tulle en Corrèze avec une première promotion de 12 étudiants, à Thouars avec 5 élèves et à Soissons qui peut accueillir 19 jeunes.
À l’origine de ces écoles, une association loi 1901, le réseau des digitales académies, soutenu par le ministère de la Ville et différents partenaires parmi lesquels la Fédération interuniversitaire de l’enseignement à distance (FIED), le CNED ou la fondation Unit. Sa mission consiste à aider les villes à s’organiser pour implanter chez elles un centre de formation par internet où les jeunes bacheliers francophones, de 17 à 26 ans, peuvent avoir accès aux études supérieures sans quitter leur ville ou leur pays.

Éviter que les jeunes ne quittent la région

Car le vide universitaire est important et bien souvent les candidats ne peuvent pas faire le trajet nécessaire pour rejoindre un centre de formation ou une université trop éloignée de leur domicile. À moins que les communes ne souhaitent retenir la jeune génération comme c’est le cas de Thouars. Maxime Marché, responsable de la nouvelle entité de cette ville du nord des Deux-Sèvres l’explique : « la communauté de communes a souhaité implanter une académie pour éviter que les jeunes ne quittent la région, attirés par les grandes villes alors qu’il y a sur place un bassin d’emplois tant industriels que de services à la personne ».
À Soissons, Frédérique Kuziev, « campus manager » et sociologue, souligne plutôt l’aspect social. Son premier étudiant, est un jeune en décrochage scolaire. « Il a abandonné l’école avant le bac parce qu’il était mal dans sa peau » explique-t-elle.

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La digitale académie va lui permettre de passer un DAEU puis de suivre des études en informatique. Un autre, croyait devoir abandonner ses études faute de moyens financiers : une mère gravement malade et un père au chômage. La Digitale académie le conseille pour trouver les aides nécessaires.
Quant à Virginie Jama, responsable de l’académie de Châlons-sur-Marne ouverte il y a deux ans, elle met l’accent sur l’entraide et l’émulation qui se crée dans ces minicampus entre des étudiants souvent un peu fragiles et qui seraient perdus dans des universités traditionnelles.

Un local, des ordinateurs, une connexion haut débit…

La Digitale académie est une école. Concrètement, la mairie met à la disposition des futurs étudiants un local qui servira de salle de cours et le matériel informatique nécessaire (ordinateurs, internet haut débit, casques) pour que les élèves puissent travailler. Ce mini-campus est connecté à des universités.
Tout commence par l’orientation. Dès leur arrivée, les candidats rencontrent un « campus manager », à savoir un coach (on en compte un pour 10 à 15 élèves) qui les aide à s’orienter en leur demandant ce qu’ils aiment ou souhaitent faire. « Nous essayons de monter avec eux un projet professionnel cohérent avec des possibilités d’avenir » explique Maxime Marché. À Montereau par exemple le coach a proposé à un candidat qui souhaitait devenir journaliste et qui aimait la photo de faire un BTS en communication et un bachelor en photo. « Les jeunes qui poussent la porte découvrent des études accessibles près de chez eux » poursuit Maxime Marché. En effet, les digitales académies peuvent proposer jusqu’à 3000 formations en ligne. Des formations universitaires classiques, des BTS ou des formations courtes menant à un emploi. Elles sont de toutes sortes : commerce, communication, droit, comptabilité, hôtellerie, restauration, sciences, santé, art, lettres…

L’étudiant n’est pas livré à lui-même

L’étape suivante consiste en l’aide à l’inscription et aux démarches administratives pour être accepté dans la formation de son choix : comment s’inscrire, obtenir une bourse… S’ensuit le suivi de la scolarité. L’étudiant n’est pas livré à lui-même. Il est tenu d’être présent un certain nombre d’heures par semaine : 16 heures à Montereau, entre 16 et 20 heures à Autun, souvent 25 heures. Chaque jour il rencontre son campus manager qui vérifie les devoirs et les notes. Certaines facultés peuvent même rémunérer des étudiants expérimentés pour « tutorer » les débutants. Cet accompagnement dure jusqu’à l’obtention du diplôme qui provient de l’université. Il se prolonge ensuite par l’aide à la recherche de stage ou à la rédaction d’un CV.
C’est ainsi qu’en 2019 et 2020, 141 jeunes ont été suivis. « 60 % ont réussi leurs examens la première année, par la suite, le taux de réussite a été similaire à celui de l’enseignement en présentiel » constate le président de la FIED, Jean-Marc Meunier.

La digitale académie s’internationalise

Petit à petit de nombreuses communes s’y mettent : en Île-de-France, dans le Val-d’Oise, à Bourges, Romans sur Isère, Autun… À l’étranger, des expériences ont été tentées en Tunisie, au Maroc, au Vietnam, à Niamey au Niger ou encore à Dakar au Sénégal. Les examens peuvent alors se passer en France ou à travers l’ambassade de France.
L’intérêt est tel que le projet de Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la Ville, qui préconisait en 2018 la création de 200 campus numériques (dans son plan banlieues) pour « faire exploser le nombre d’étudiants à distance » sur tout le territoire est en mesure de se concrétiser.
Nadège Forestier

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