L’intercom tombe dans le panneau…

L’intercom tombe dans le panneau…

Sans concertation avec ses administrés l’intercom Bernay terres de Normandie a voté à l’unanimité l’installation de plus de 50 panneaux d’affichage qui seront implantés sur son territoire à des fins promotionnelles. Et écologiques ?

Parfois, seul l’oxymore résume une situation aussi opaque qu’aberrante. S’agissant de la décision prise par l’intercommunalité Bernay terres de Normandie d’installer entre 50 et 60 sucettes publicitaires, 3 écrans digitaux, 4 signalétiques d’entrée de territoire sur son domaine pour une durée de 15 ans, on peut parler d’une « obscure clarté ».
Obscur, car nous ignorons si les sucettes seront lumineuses, quelle sera leur dimension, comme celle des panneaux digitaux. Obscur, le besoin d’autant d’affichage, alors que la communication de la ville peut passer par internet, la plupart des administrés étant connectés, à travers la presse locale ou par des modes d’affichage plus discrets, moins polluants visuellement, et moins énergivores… Marché peu clair, donc, même s’il « ne coûte rien à la collectivité » selon Pascal Boutel, natif de Bernay et président-directeur général de Urban Connect, la société qui a décroché cette concession de service. Pascal Boutel offre-t-il la formation du personnel de l’intercommunalité par Urban Connect ? Nicolas Gravelle, président de l’intercommunalité Bernay terres de Normandie assure dans les pages de L’Éveil Normand que « Ces panneaux permettront d’avoir une communication cohérente sur l’ensemble du territoire, et c’est totalement gratuit ».

Ces panneaux gratuits n’ont-ils pas un lourd coût environnemental  à payer ?

Nous demandons à Nicolas Gravelle, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, s’il est certain que gratuit signifie utile, et si ce qui semble gratuit n’a pas un lourd coût à payer ?
Car la consommation d’énergie (alors qu’il est urgent, face au réchauffement de la planète, d’en éviter l’excès) de ces panneaux, est bien « coûteuse ». Selon l’Agence de la transition écologique, un panneau numérique de deux mètres carrés consomme 7 000 kWh par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’un foyer avec un enfant… !
C’est l’ensemble du vivant qui paye la facture de cette invasion des écrans dans l’environnement : perturbation de l’horloge biologique des insectes et autres espèces, troubles du rythme circadien chez les humains… On se dit que l’intercommunalité Bernay terres de Normandie, en charge du tourisme via les offices, ferait mieux d’investir dans la promotion d’un tourisme naturel, fondé sur l’embellissement du cadre de vie… Mais on ne peut que constater son inaction dans ce domaine.
Enfin, la concurrence écrasante faite à des milliers de petits commerces par le recours massif, de la part de la grande distribution, à la publicité extérieure ne semble pas propice à un bon équilibre commercial du territoire, surtout en cette période de couvre-feu.
Où est donc la démocratie participative, tant vantée par les maires, qui aurait dû permettre aux administrés de prendre une décision sur la protection de leur cadre de vie et de leur environnement ?
Un espoir naît : la loi pour l’environnement dite « Grenelle 2 », impose aux villes de moins de 10 000 habitants la suppression des panneaux 4 x 3 m2 scellés au sol et panneaux digitaux à des fins publicitaires. Or, comme nous l’indiquions dans le numéro 3 du Bernayen, Bernay passe en 2021 sous la barre des 10 000 habitants. Ainsi, nous posons aux élus de l’intercommunalité Bernay terres de Normandie une ultime question en conclusion : le civisme et le bon sens des élus ne peuvent-ils anticiper, en annulant la décision d’installer cette signalétique aberrante, sur un jugement administratif qui, tôt ou tard, la remettra en question ?
Pierre Brunet

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