Petites villes de demain Bernay Brionne Mesnil-en-Ouche Broglie Beaumont-le-Roger Eure Normandie
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Ingénierie. Petites villes de demain ?

Bernay pourra-t-elle devenir une ville-centre attractive au sein du territoire ? C’est l’occasion d’en avoir, au moins, l’ambition…

Petites villes de demain, l’appellation fait rêver. À une époque où la Covid donne envie de fuir les grandes villes, elle évoque le bien-être qu’il y peut y avoir à vivre dans une commune à taille humaine où il est possible malgré tout de bénéficier de logements, de commerces, d’infrastructures modernes, où il existe des emplois et où il est possible d’éduquer ses enfants… En autres termes une ville où l’on vit mieux.
Mais, on est bien loin de ce rêve. Conséquence de la crise actuelle ou d’une mauvaise gestion de la part des élus, nombre de villes sont vulnérables. C’est pour les redynamiser que le gouvernement a imaginé le programme « petites villes de demain ».
Lancé le 10 octobre 2020 par la ministre chargée de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault et le secrétaire d’État Joël Giraud, et piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), son ambition semble importante : offrir à 1 000 communes de moins de 20 000 habitants, situées sur l’ensemble du pays, une aide qui leur permette de développer un projet de revitalisation. Un budget de 3 milliards d’euros y sera consacré sur six ans, à savoir jusqu’en 2026.

Rue Gaston Folloppe Bernay Eure 27 Normandie
L’amélioration et la rénovation de l’habitat, un passage obligé pour les petites villes de demain. Rue Gaston Folloppe à Bernay.

Conçu pour l’ensemble de la nation, le programme est décliné par régions. Les préfets ont donc un rôle clé : ce sont eux qui ont choisi les communes. Leurs critères de sélection montrent l’ampleur des besoins. Ils ne sont pas très flatteurs : « des villes qui connaissent une fragilisation caractéristique d’un déclin démographique, économique et d’influence »…
1 580 communes ont d’ores et déjà été désignées, soit beaucoup plus que le nombre prévu (certaines seront regroupées au sein d’une même convention). Parmi elles : Beaumont-le-Roger, Bernay, Brionne, Broglie, Mesnil-en-Ouche

L’ingénierie, principal appui de l’ANCT

Une fois les villes sélectionnées, l’ANCT entre en jeu. Elle apporte ses compétences dans trois domaines. D’abord pour concevoir le projet de dynamisation, ensuite pour offrir un réseau permettant de s’inspirer ou d’affiner ses idées, enfin elle doit aider au financement des mesures envisagées.
Première étape : l’élaboration, en dix-huit mois, d’un programme d’action. Un chef de projet sera recruté pour établir les diagnostics, travailler avec les élus locaux et proposer des solutions sur mesure. Il peut se faire aider, par exemple en mobilisant des étudiants.
Ses domaines d’intervention sont multiples. Ils concernent notamment les services publics, le patrimoine, l’habitat, le commerce, la mobilité douce, le transport… Ce poste est confié de préférence à un agent de catégorie A (cadre) qui dépend hiérarchiquement du président de l’intercommunalité. Il est cofinancé par l’État (75 %) et l’Intercommunalité (25 %).
Deuxième étape : l’entraide à travers le joliment nommé Club des petites villes de demain. Celui-ci rassemble les différents acteurs locaux et nationaux du programme. Ils organisent des journées d’échange ou de formation permettant à chacun de prendre exemple sur les compétences, les réussites ou les difficultés des autres communes. Il s’agit en quelque sorte de la création d’un réseau de coopération.
Troisième étape : le financement du plan de dynamisation proposé par le chef de projet et accepté par la mairie. Le programme « petites villes de demain » promet un budget de 3 milliards d’euros, consacré sur six ans à 1580 villes. Cela paraît impressionnant. Mais, divisé par le nombre de communes concernées puis par la durée annuelle, le montant des aides se réduit à 316 455 euros par an et par ville, si toutefois chacune perçoit la même somme. Or, pour Bernay, en 2020, la seule Dotation globale de fonctionnement (contribution de l’État) a été de 2,6 millions d’euros. Cela relativise l’aide promise par ce programme…
La clé du succès sera donc dans la recherche de financements supplémentaires. Une trentaine de partenaires sont mobilisés par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Parmi eux, la Banque des territoires, l’Anah, le Cerema, l’Ademe…

Le chef de projet, une aubaine prospective pour qui a de l’ambition

Le chef de projet, le Préfet ou le délégué territorial de l’agence devront aider activement la commune à chercher des aides financières disponibles auprès de nombreux intervenants : Département, Région, État et Europe.
La Maire de Bernay a d’ores et déjà fixé trois axes de dynamisation : « offrir une ville plus accueillante, plus responsable et plus solidaire ». Cela passe par des travaux tels l’aménagement de la halle Sainte-Croix, la restructuration du quartier de la gare et la végétalisation de l’espace public. Cette ambition a minima semble éloignée des préconisations de l’ANCT qui, elle, prône une politique locale d’aménagement consistant à établir la ville-centre comme la dynamique du territoire. Le chef de projet, espérons-le, devra être capable d’étudier les potentialités de développement de Bernay et de mobiliser des financements complexes.
En tout état de cause, un premier pas est franchi. Reste à suivre la réalisation concrète des projets.
Nadège Forestier

BIEN COMPRENDRE LA CONVENTION-CADRE…

Petites villes de demain Bernay Brionne Beaumont-le-Roger Mesnil-en-Ouche Broglie Normandie Eure 27L’Agence nationale de la cohésion du territoire (ANCT) est un établissement public crée en 2019 et actif depuis janvier 2020. Sa mission consiste à aider les territoires fragilisés par des difficultés démographiques, économiques, sociales environnementales ou d’accès aux pouvoirs publics. Composée de 33 membres dont deux députés, deux sénateurs, des représentants de l’État et des collectivités territoriales, l’ANCT est présidée par Caroline Cayeux. L’Agence agit en liaison avec le préfet du département.
Les petites villes de demain suivent une convention cadre pluriannuelle, 6 ans, qui comprend:

  1. La stratégie de revitalisation.
    Diagnostic et enjeux de la commune en tant que centralité de son bassin.
    • L’ambition stratégique globale ainsi que les axes thématiques (habitat, commerce, mobilité, économie circulaire, mobilités douces, espace public…) et dimensions transversales (transition écologique, implication citoyenne, innovation).
    • Le ou les secteurs d’intervention.
    • La présentation synthétique des actions à mener, dont une concernant obligatoirement l’amélioration et rénovation de l’habitat.
    • Le plan d’action phasé et territorialisé.
  2. L’engagement général des partenaires pour concourir à la réalisation de la stratégie (crédits financiers et autres moyens).
  3. Les modalités de gouvernance, pilotage, de suivi/évaluation, association des habitants et de la société civile.
    (1) Source : Guide programme PVD – ANCT 2020

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