Camping Bernay Eure 27 Normandie
Tourisme

Faut-il camper sur ses positions ?

Le marché de l’hôtellerie de plein air monte en gamme et se professionnalise. N’est-il pas temps d’en tirer profit ?

Dans le film Camping, Gérard Lanvin, contraint de passer quelques jours dans un camping, y découvre que certains habitués y reviennent tous les ans depuis trente ans… À sa question « Pourquoi n’achetez-vous pas une maison dans le coin ? », on lui répond « Ah non, on serait obligés de venir tous les ans, là on choisit tous les ans de venir, c’est pas pareil ! ». Toute la problématique du camping municipal de Bernay est résumée : comment rester attractif et fidéliser une clientèle… avec des moyens limités…
L’état des lieux du marché du camping en France est clair : ce sont les campings de standing qui tirent leur épingle du jeu. En 2019, selon l’INSEE, 48 millions de nuitées ont été passées dans des campings 4 étoiles, 39 millions dans des trois étoiles, et 21 millions dans des cinq étoiles. « Un tiers de nos clients sont des CSP+ », dit Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA).
Avec ses 50 places, le camping municipal de Bernay fait partie des « très petits établissements », selon la typologie de la Fédération des campeurs, caravaniers et camping-caristes (FFCC), qui pour 2021 recense 7 719 campings aménagés en France. Si les quatre ou cinq étoiles ne totalisent qu’un quart des établissements, ils regroupent plus du tiers des emplacements. Dans ce secteur dont le chiffre d’affaires a triplé en vingt ans, passant de 800 millions d’euros en 2000 à 2,5 milliards en 2019, les petits campings, et notamment les campings municipaux, tendent à disparaître, en raison d’un coût d’entretien trop élevé pour les communes. Pourtant, un camping peut être une affaire juteuse : certaines structures ont une marge brute de 90 % et une rentabilité atteignant 20 %, d’après un article du magazine Challenges de décembre 2018.

Le camping peut-il être un atout supplémentaire pour la ville de Bernay ?

Alors, quelle voie choisir, pour le camping municipal de Bernay, afin de jouer gagnant, en profitant du charme de l’endroit, de sa proximité avec le centre-ville, et de la faiblesse de l’offre hôtelière de standing dans les environs ? Une évidence : monter en gamme. Mais l’investissement est-il supportable pour la commune, et les 50 places seront-elles rentables ? Actuellement, un emplacement sans électricité coûte 8 € la nuit au vacancier, 12 € avec électricité et 15 € pour camping-car ou caravane avec électricité… Pas vraiment des tarifs de luxe !
Selon la FFCC, le prix moyen pour une nuit dans un camping en France était de 22,16 € en haute saison en 2017, et 45,87 € pour un cinq étoiles. Il y a de la marge… Mais pour offrir le standing qui rapporte, le camping municipal de Bernay ne doit-il pas s’ouvrir au privé, en rejoignant un groupe à même d’apporter la mise de fonds ? Les 610 sites appartenant en France à des groupes réalisent seuls 56,8  % du chiffre d’affaires du secteur, étant les plus haut de gamme et ceux qui offrent emplacements et équipements les plus luxueux, donc les plus chers. Surtout, le rachat d’un camping municipal est avantageux pour un investisseur, car créer un nouveau camping coûte cher : pour un maître d’œuvre privé, on l’estime à au moins 15 000 € HT par emplacement, pour un minimum de 150 places (hors hébergements locatifs et achat du foncier).
L’avenir du camping de Bernay n’est peut-être pas municipal…
Pierre Brunet

CET ARTICLE VOUS A INTÉRESSÉ ?

Notez-le !

Note moyenne 2.8 / 5. Nombre de vote : 13

Aucun vote pour l'instant. Soyez le premier !

Pensez-vous que cet article soit utile ?

Suivez-nous sur les médias sociaux !

A lire également

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.