Piscine Bernay Normandie

Equipement collectif. Piscine de Bernay, on boit la tasse

Nos élus ont négligé la sous-capacité flagrante du centre nautique inadapté à l’accueil d’une intercommunalité de 55 000 habitants.

Qu’elle soit sur la deuxième ou la troisième marche du palmarès des activités sportives et des loisirs préférés des Français, la natation, c’est certain, est toujours sur le podium.
La longue histoire du centre nautique André Perrée de Bernay est pavée de bonnes intentions de la part de nos élus mais peu suivie d’effets. Ce, malgré les fermes recommandations de l’Agence régionale de santé de Normandie (ARS), établissement public placé sous la tutelle des ministères chargés des affaires sociales et de la santé. Celle-ci a souligné des dysfonctionnements sanitaires importants.
Le premier bassin, de 25 x 10 mètres, date des années 30. Le second bassin de 25 x 12,5 mètres extérieur est venu le compléter en 1974.
Vous l’aurez compris, millésimée depuis presque 100 ans d’âge, l’infrastructure vieillit et vieillit mal faute de rénovation et d’entretien.
Le centre nautique appartient à la commune de Bernay qui en possède les murs et en avait la gestion jusqu’à l’arrivée des intercommunalités. En 2012 elle a été gérée par la Communauté de communes de Bernay et des environs (CCBE) puis par son successeur l’intercommunalité Bernay terres de Normandie (IBTN) dès 2017.
Durant ces années le centre totalise environ 90 000 entrées par an : 40 % sont des élèves, 25 % des associations et clubs, 10 % des cours publics et 25 % du grand public.
Seul centre nautique d’une intercommunalité de plus de 55 000 habitants, son déficit annuel est de l’ordre de 200 000 euros. Sa mission de service public proposant la gratuité aux écoles et certains clubs, le modèle économique ne peut donc s’avérer rentable. D’autant qu’avec le coût d’entrée à 3,50 €, le déficit reste comparable aux autres centres nautiques.

Piscine Bernay Normandie Eure 27
Le Centre nautique André Perrée de Bernay.

Là où le bât blesse depuis plusieurs années, c’est le laxisme de nos élus. Ils n’ont pas évalué la sous-capacité flagrante de ce centre nautique, inadapté à une intercommunalité de plusieurs milliers d’habitants et surtout l’ont mal géré. L’occupation de la piscine par les écoliers de l’Intercom est d’environ 30 000 entrées à raison de 20 heures par semaine pour un bassin de 25 x 10 m.
La collectivité a l’obligation de former les jeunes à nager en vue de l’obtention de l’attestation « savoir nager » imposée par le ministère de l’Éducation nationale. Entre 30 et 48 séances sont prévues sur quatre semaines avec une durée (dans l’eau) de 30 à 40 minutes Pour les collégiens et les lycéens les modalités sont définies dans le projet pédagogique. Le grand public, lui, n’a plus qu’environ 15 heures de baignade par semaine, alors qu’elle est de 30 heures à Pont-Audemer et 36 heures à Lisieux.
Un rapport de l’ARS, faisant suite à un audit réalisé en janvier 2018, est significatif. Il précise, la vétusté du bâtiment : peintures et vernis écaillés, carrelages usés et cassés, joints dégradés ainsi que des dysfonctionnements : défaut d’enregistrements des entretiens (filtres, ventilations, dosage chlore), des plages encombrées avec eau stagnante, et la réfection du carrelage du bassin prévue en septembre 2017, qui n’a pas été réalisée. Il conclut que « compte tenu de la situation actuelle, et de l’état général recensé, des non-conformités analytiques, bactériologiques et/ou physico-chimiques de la qualité de l’eau du bassin cela pourrait engendrer la fermeture de cet établissement. »

Des projets, des études et rien ne sort de terre

Mais que faire ? Un seul bassin n’est pas suffisant, un second en extérieur n’est utilisable qu’en été. Une première solution serait de construire un nouveau centre nautique avec deux bassins de 25 x 12 mètres agrémentés d’installations tels qu’un toboggan, une pataugeoire, un jacuzzi, etc. Le coût d’un tel équipement avoisinerait une dizaine de millions d’euros.
Un deuxième projet, très ambitieux, serait de créer un centre aquatique avec un plus grand nombre d’activités ludiques jusqu’à intégrer une infrastructure hôtelière accompagnée d’un spa et un écoquartier… L’ensemble sur une surface de 20 hectares. Le coût avoisinerait plus de 30 millions d’euros.
Enfin une troisième solution serait de rénover l’actuel centre nautique, avec réfection du premier bassin, agrandissement du second bassin et couverture. Le coût serait de l’ordre de 3 à 4 millions d’euros.
Quel que soit le projet l’ARS a posé un ultimatum à l’Intercom, le centre nautique doit être en mesure d’offrir un complexe en parfait état de fonctionnement avec des mesures sanitaires ad hoc.
La vice-présidente de l’Intercom, Marie-Lyne Vagner, en charge du dossier indiquait favoriser le deuxième projet d’ici 2023.
Il paraît certain que la construction d’un tel complexe ne sera pas terminée d’ici 2023.
D’ici là, un nouvel audit a été programmé par l’Intercom pour un montant de 40 000 € et un nouveau contrat de territoire est en préparation cette année.
Pollux

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