Chauffage colza et fioul Le Bernayen Bernay Normandie

Energie. Colza ou fioul, ça chauffe

Terminé les chaudières au fioul ? Attendez avant de la mettre au rebut !

Le chauffage au fioul est très répandu dans nos milieux ruraux. Son pouvoir calorifique élevé – 12 kWh d’énergie produite par kilogramme brûlé – en a fait le chauffage de plus de 17 % du parc tertiaire privé, malgré les fluctuations du baril de pétrole et les augmentations des taxes depuis leur naissance en 1928.
Un projet de décret, émanant du ministère de la Transition écologique, visant à interdire l’installation de nouvelles chaudières au fioul d’ici le 1er janvier 2022 a été soumis à consultation.
Si une chaudière au fioul tombe en panne il n’est donc pas obligatoire d’en changer dans la mesure où elle est réparable.
Pour être précis, nulle interdiction totale de consommation de fioul n’a été citée. La proposition de décret ne fait que parler « d’installer des équipements alimentés avec un biocombustible liquide dès lors qu’il respectera le seuil de 250 g CO2 eq/Kwh PCI1, ou des équipements avec un apport minoritaire en fioul 250 g CO2 eq/kWh PCI ». Seuil qui sera atteint si l’on en croit la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C) qui représente environ 2 000 entreprises de distribution d’énergies hors réseaux. Elle propose une solution afin d’éviter le changement radical de chaudière, le produit miracle est le biofioul F30 ; en cours d’homologation.
La FF3C espère obtenir cette autorisation d’ici 2021, afin de pouvoir assurer la vente du biofioul F30 avant l’interdiction d’installation des chaudières à 100 % fossiles à partir de 2022.

Champs de colza Mesnil-en-Ouche Gouttières Eure Normandie
Champs de colza au Mesnil-en-Ouche.

Le biofioul est un fioul dans lequel sont incorporés des biocarburants, afin de le rendre plus écologique et diminuer son taux de soufre. Pour le moment seul le biofioul contenant 5 % à 7 % de bioliquide à base de colza est disponible sur le marché. Le secteur est actuellement en train de travailler sur le biofioul F10, composé à 10 % de colza et du fioul bio F30, à 30 % de colza.
Il faudrait deux millions de tonnes d’huile de colza supplémentaires alors que nous en produisons deux millions et quadruplé les surfaces actuelles qui sont de 514 000 hectares pour un usage non-alimentaire.

Remplacer 4 millions de chaudières demande de substituer 6 millions de mètres cubes de fioul

L’empreinte écologique n’est pas non plus anodine, le colza recevant, en moyenne nationale, 7,3 traitements de produits phytosanitaires par an.
Quelques questions épineuses se posent au Gouvernement. La Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) rapporte tout de même 5 % des recettes à l’État français soit environ 17 milliards. Le secteur attend du gouvernement qu’il ne taxe pas la partie ester méthylique de colza comme un produit pétrolier, il serait illogique de taxer le biofioul comme l’est actuellement le fioul domestique à 100 % fossile.
Remplacer 4 millions de chaudières au fioul demande de substituer 6 millions de mètres cubes de fioul par l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires de 900 MW.
Pas de précipitation, mieux vaut attendre qu’industriels, distributeurs et ministères se soient mis d’accord avant de jeter sa chaudière au fioul.
Francis Viez
(1) eq kWh PCI : Pourvoir calorifique inférieur équivalent à 1 kWh.

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