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1 million d’espèces menacées d’extinction

La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié son rapport sur la
biodiversité. En voici quelques extraits, à lire impérativement.

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7e session plénière qui s’est réunie du 29 avril au 4 mai à Paris.
« Les preuves accablantes contenues dans l’évaluation globale et obtenues à partir d’un large éventail de domaines de connaissance, présentent un panorama inquiétant », a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier ».
« Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté « Grâce au “changement transformateur”, la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable, ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par « changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs.

Espèces menacée Normandie Eure 27 Le Bernayen
La martre, l’œillet de poète et la huppe fasciée disparaissent de nos paysages hauts-normands.

Les États membres de la session plénière ont reconnu que, par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo, mais également que cette opposition peut être surmontée pour le bien de tous.
Le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques est le document le plus exhaustif réalisé à ce jour. Il s’appuie sur l’évaluation historique des écosystèmes pour le millénaire de 2005.
Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir.
Basé sur une revue systématique d’environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales.
« Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important “filet de sécurité” pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a coprésidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis). « La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.»
Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité.
Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne. Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d’insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 % d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le XVIe siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées.

Le tissu vivant de la Terre, s’effiloche de plus en plus

« Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales de plantes et les races locales d’animaux domestiques diminuent, se réduisent ou disparaissent. Le tissu vivant de la Terre, essentiel et interconnecté, se réduit et s’effiloche de plus en plus », a déclaré le professeur Settele. « Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde. »
IPBES – Extraits du Rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Les données chiffrées

• 75 % du milieu terrestre est sévèrement altéré par les activités humaines (milieu marin 66 %) ;
• +/- 60 milliards de tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables sont extraites dans le monde chaque année, en hausse de près de 100 % depuis 1980 ;
• 15 % : augmentation de la consommation mondiale par habitant de matériaux depuis 1980 ;
• 87 % des zones humides présentes au XVIIIe s. ont été perdues en 2000.
La perte de zones humides est trois fois plus rapide que la perte de forêts.
• 8 millions, c’est l’estimation du nombre total estimé d’espèces animales et végétales sur la Terre (y compris les espèces d’insectes)
• +/- 9 % des espèces terrestres mondiales estimées (5,9 millions en total) ont un habitat insuffisant pour leur survie à long terme ;
• +/- 10 % des races de mammifères domestiques ont disparu en 2016 et 1 000 de plus sont menacées d’extinction ;
• 300 % d’augmentation de la production des cultures vivrières depuis 1970.

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